Partant d'Aguilar par la N627 en direction de Burgos, à 8 km sur la gauche, une route vous conduit à la grotte des Franceses. Passé Revilla de Pomar, 3 km plus loin, vous accédez au plateau à quelques 1000 m d'altitude. Un menhir se dresse fièrement sur la vaste plaine de Páramo de La Lora

"La Pierre qui chante" est située en plein milieu du plateau.

Il est là le monolithe, gardien solitaire de la grotte située un peu plus loin. Fiché obliquement au centre d'un cercle de pierres rasantes. Il semble tel un cadran solaire indiquer le passage des heures du jour.

Mais, sans doute sa fonction était elle plus subtile en indiquant des dates précises, solstice ou équinoxe...

Le trajet pour le trouver est fléché, et ponctué de petits cairns, c'est fort heureux car si à première vue le plateau semble rectiligne et sans aspérités notables, en réalité, il n'en est rien, les dolines, les ondulations du terrain vous masquent la pierre levée jusqu'à 200 ou 300 m de votre but.

La marche est aisée, le sol pierreux parsemé de touffes de bruyères rabougries et de mousses incrustées n'offre aucune difficulté sur le parcours menant au menhir.

Le vent disperse et balaye toutes poussières qui voudraient se déposer, ne reste que le plateau Castillan.

Laminé, érodé par les millénaires d'un souffle torride ou glacial, l'immense table de roche annihile toute velléité de frondaison en son domaine. Mais généreux, il laisse dans des failles vertigineuses s'étaler toute la beauté somptueuse d'une nature prolifique. Chênes, Châtaigniers, Noisetiers, s'étagent sur les parois des canyons qui tracent les limites du plateau.

Ainsi, en un seul regard, vous êtes à 100 ou 200 m au-dessus d'une marée verdoyante où foisonnent les essences et les prairies émaillées de fleurs de montagne. Tournant votre regard, vous embrassez l'immensité d'une étendue pierreuse où seuls les végétaux rasants peuvent survivre en courbant la tête sous l'haleine d'Eole