Calendriers

Document aimablement adressé par Daniel Sauvenier

Histoire du calendrier

Depuis les débuts de ce qu'on considère comme 'l'humanité', la présence rassurante de points de repères a conduit nos lointains ancêtres à élaborer différents systèmes de division du temps, reposant essentiellement sur l'observation de phénomènes naturels tels que :
le jour et la nuit
Les phases de la lune (pleine, mi-éclairée, obscure)
les variations climatiques (alternance de périodes de chaleur, de froid, de pluie...) le mouvement des étoiles.
On retrouve ainsi des souvenirs de premiers calendriers de type 'lunaire' chez les Babyloniens, les Chinois, les peuples de la Grèce et enfin, chez nos ancêtres les Gaulois.
Vint ensuite l'année solaire, basée sur l'observation de phénomènes climatiques se répétant sur un mode régulier; elle devint bientôt l'élément principal du calendrier. On élabora alors des calendriers de type 'luni-solaire', dans lesquels l'année était réglée approximativement sur le soleil, et les mois sur les lunaisons.
Cependant, des décalages importants s'accumulaient au fil des années, et on devait procéder régulièrement à des correctifs pour faire fonctionner ce système convenablement. On en vint finalement à constater que les deux modes (lunaire et solaire) ne pouvaient s'accorder ensemble. Ce furent les Égyptiens de la très haute antiquité, qui, les premiers, décidèrent de séparer les mois des mouvements lunaires pour les accorder au mouvement solaire. L'année solaire avait alors 365 jours.
En l'an 45 avant Jésus-Christ, Jules César décida d'adopter ce mode en y ajoutant un jour supplémentaire tous les 4 ans. Ce calendrier romain fut alors nommé 'Calendrier julien', et servit de base de notre calendrier actuel.
Voici donc un tour d'horizon de quelques calendriers qui furent inventés par diverses civilisations à travers les âges :
Chaldéen, Hébraïque, Égyptien
Hindou
Chinois
Aztèque et Inca
Grec
Arabe, Musulman et Turc (devenu Le calendrier grégorien depuis 1582)

LE CALENDRIER DES ANCIENS ROMAINS

À l'époque de la fondation de Rome, en 753 av. J.-C., l'année comptait 10 mois, qui étaient les suivants :
1 Martius 31 jours
2 Aprilis 30 jours
3 Maïus 31 jours
4 Junius 30 jours
5 Quintilis 31 jours
6 Sextilis 30 jours
7 September 30 jours
8 October 31 jours
9 November 30 jours
10 December 30 jours


On ne leur attribua au départ qu'un nom de type numérique désignant premier, second, etc., puis on décida d'en dédier quelques-uns à des divinités.
Le premier fut donc consacré à MARS, Dieu de la guerre,
le deuxième, à APERTA, surnom d'Apollon,
le troisième, à MAIUS, nom vulgaire de Jupiter optimus maximus,
le quatrième à JUNON, épouse de Jupiter.

Les autres conservèrent encore un temps leur nom d'ordre numéral. Ces mois formant une année de 304 jours, on ajoutait donc, après le dernier mois, autant de jours qu'il en fallait pour égaler l'année solaire, sans leur donner de nom; puis on en fit deux mois supplémentaires qui furent placés après décembre. Le premier de ces mois, placé avant Martius, fut nommé JANUARIUS, en l'honneur de Janus, le plus ancien roi du Latium et dieu de la paix.
Le second mois supplémentaire, FEBRUARIUS, demeura un temps après December.
Les superstitions romaines voulant que les nombre impairs portent bonheur, on répartit les jours de telle sorte que chaque mois comptait un nombre de jours impairs. On eut ainsi :
1 Januarius 29 jours
2 Martius 31 jours
3 Aprilis 29 jours
4 Maïus 31 jours
5 Junius 29 jours
6 Quintilis 31 jours
7 Sextilis 29 jours
8 September 29 jours
9 October 31 jours
10 November 29 jours
11 December 29 jours
12 Februarius 27 jours

Le total de ces mois donnant 354 jours (soit un nombre pair, c'est-à-dire réputé fatal) on voulut donner à l'année 355 jours, en ajoutant un jour au dernier mois (Februarius) qui passa de 27 à 28 jours (soit un nombre pair), et fut donc considéré comme un mois maudit; il fut consacré à Febro, dieu des morts dans les enfers, d'où son nom de Februarius; c'était un mois de deuil, pendant lequel on faisait les 'februalia', purifications en l'honneur des morts; il prit aussi la réputation de mois des maladies ('febris', fièvre).
Vers l'an 400 de Rome (354 av. J.-C.), Februarius fut transporté entre Januarius et Martius, et devint donc le deuxième mois.
L'année, qui débutait auparavant aux alentours de l'équinoxe de printemps, commença alors au solstice d'hiver, ou peu après.
Cette année de 355 jours égalait, à un jour près, la durée des années lunaires qui étaient de 354 jours. Comme elle était plus courte que l'année solaire sur laquelle se basaient les agriculteurs pour leurs travaux, on essaya de la faire coïncider avec les saisons par l'ajout d'intercalations.
Pour ce faire, on décida d'établir le cycle de quatre années, au cours desquelles on devait ajouter, de deux ans en deux ans, un treizième mois, tantôt de 23 jours, placés entre le 24 et le 25 février, tantôt de 22 jours seulement, intercalés entre le 23 et le 24. Ce mois supplémentaire fut appelé 'Merkedonius', sous prétexte que les mercenaires étaient payés à ce moment.
Dans ce cycle de quatre années, la première était de 355 jours,
la seconde de 355 + 22 = 377 jours,
la troisième de 355 jours, et
la quatrième de 355 + 23 = 378 jours.

Ce nouvel aménagement donnait un total de 1 465 jours pour les quatre années du cycle, alors que quatre années réelles n'en font que 1 461; il y avait donc un excédent de 4 jours. De trop courte, l'année était devenue trop longue !
Afin de remédier à cette situation, les Décemvirs adoptèrent, en l'an 450 de Rome (304 av. J.-C.), 'l'octaëtéride de Cléostrate de Tenedos', période de huit ans d'après laquelle, pendant une période de trois octaëtérides, on ne devait intercaler, au lieu de six, que cinq mois de 22 jours. Comme l'excès était de quatre jours en quatre ans, il arrivait à être, pendant trois octaëtérides, c'est-à-dire en 24 ans, de 24 jours. En supprimant, pendant cette période, un mois de 22 jours, il restait encore 2 jours de trop. Pour corriger cet excédent, les pontifes furent chargés d'assigner au mois Merkedonius le nombre de jours requis pour maintenir la concordance entre l'année civile et l'année réelle.
Malheureusement, tout ceci était opéré de façon arbitraire, au gré des intérêts des politiciens, en vue des élections et des magistratures; il en résulta que le désordre, au lieu de cesser, augmenta dans de telles proportions qu'en l'an 708 de Rome (46 av. J.-C.) l'équinoxe civil différait de l'astronomique d'une durée d'environ 3 mois. Les vendanges avaient lieu au mois de janvier !
C'est à ce moment qu'intervint le dictateur et grand pontife Jules César.